La construction de la motricité
- 2 févr.
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"Nous voulons qu'ils deviennent eux-mêmes des individus mûrs du point de vue affectif, social et moral, aptes à lutter avec persévérance pour les objectifs qu'ils se sont fixés, qu'ils soient capables de réfléchir de façon indépendante, qu'ils sachent vouloir et décider dans leur sphère propre, comme des personnes responsables, mais qu'ils puissent, en même temps, s'adapter aux intérêts des autres et aux exigences réelles et compréhensibles de la société."
Emmi Pikler
Les possibiltés motrices
Le bébé se prépare tout au long de sa première année à la conquète de l'espace qui l'environne. Les expériences accumulées dès le plus jeune âge, notamment au cours des déplacements au sol, sont très précieuses. Les proportions de son corps lui permettent des mouvements impossibles à réaliser plus tard. Il est ainsi plus à l'aise, apprend à se protéger des chutes, peut aller où il veut pour explorer toute la maison. Il découvre le plaisir de choisir ses jouets sans avoir besoin de faire appel à l'adulte .
Certains enfants sont très précoces pour faire leurs premiers pas et se déplacent très peu au sol auparavant. D'autres marchent plus tard mais se faufilent partout en rampant ou à quatre pattes.
Les études scientifiques mettent en évidence des écarts significatifs dans l'âge d'acquisition des différentes étapes et soulignent que le développement moteur dépend de plusieurs facteurs :
De la maturation au cerveau. Elle n'est pas encore terminée au moment de la naissance et le tout-petit ne dispose pas d'emblée de toutes ses possibilitées. De nouveaux circuits nerveux se mettent en place peu à peu, lui permettant d'exécuter des mouvements de plus en plus précis, et de maintenir de nouvelles positions.
Des aptitudes personnelles de l'enfant. Chaque être humain arrive au monde avec un potentiel moteur qui peut être très variable de l'un à l'autre; tous ne sont pas programmés pour être des champions sportifs !
Des expériences motrices que chacun va répéter de nombreuses fois.
De l'attitudes des personnes qui entourent le bébé. Elles peuvent favoriser ou parfois gêner l'installation d'une bonne motricité.
Cheminement vers la position debout

Les premières semaines, le tronc est très hypotonique (mou) et les membres sont hypertoniques (raides). La tonicité (propriété que possèdent les muscles leur permettant de maintenir une position) s'installe du haut vers le bas : d'abord la tenue de la tête, puis l'ensemble du tronc et enfin les membres. Les mouvements, involontaires dans un premier temps (réflexes), sont de mieux en mieux contrôlés et deviennent de plus en plus complexes.
L'apprentissage de la marche se construit peu à peu, à la manière d'un édifice : les bases doivent être bien solides avant de poursuivre l'ouvrage. De même qu'un sportif, pour être performant, répète de nombreuses fois des exercices de plus en plus difficiles, le bébé doit bien intégrer chaque étape afin que la suivante puisse s'insaller correctement. Cette expérience peut être également comparée à celle de l'écriture : avant de pouvoir la maîtriser, le petit élève s'exerce au barbouillage, aux traits, aux ronds, aux graphismes de plus en plus élaboré.
Les mouvements et les positions qui conduisent à la marche sont théoriquement identiques chez tous. Les différences s'observent surtout quant à la date d'installation des acquisitions et la durée de leur utilisation : cela peut varier de quelques jours à quelques semaines.
Les trois grandes phases
Phase statique : les positions à plat sur le tapis ou le lit. Bébé bouge ses membres, s'agite, mais ne cherche pas à se déplacer
Phase dynamique : les premiers déplacements. Bébé gigote davantage et fait l'apprentissage des déplacements au sol.
Découverte de la verticalité. Bébé se redresse, maintient son dos en position verticale, se tient assis, se met ensuite à genoux, puis debout, et fait l'apprentissage de la marche
"Extrait du livre de Michele Forestier, de la naissance aux premiers pas"



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